cinéma privé

Avec la crise sanitaire, le marché des salles de cinéma privées a explosé. À moins d’avoir vécu dans une grotte début 2020 ou d’avoir été confiné plus tôt que prévu, personne n’aura échappé à la crise sanitaire du Covid 19. Mi-mars, le Gouvernement prononçait le mot « confinement », un terme que les Français n’avaient pas encore imaginé vivre autrement que devant un film de science-fiction. Le premier confinement débutait alors. Doublé des fameuses mesures sanitaires. Et des protocoles drastiques, pour les entreprises. Toute l’économie nationale était mise à mal. Tous les secteurs étaient touchés. Exemple à Saint-Rémy-de-Provence, avec l’entreprise CcomOciné.

L’entreprise familiale CcomOciné, spécialisée dans la fabrication de fauteuils motorisés et l’aménagement de salles de cinéma privées, n’a pas été épargnée par la crise sanitaire et ses répercutions. Si aujourd’hui, la société peut dire que (presque) tout est rentré dans l’ordre, c’est sans doute parce que son équipe a mis les bouchées doubles pour ne pas vivre l’événement comme une contrainte mais plutôt comme une réelle opportunité. Et parce que les Français, confinés, avaient besoin de s’aérer l’esprit, même assignés à domicile. Plus précisément dans leur canapé.

« Le confinement a boosté notre activité »

Premier constat, pour le gérant de CcomOciné, Frédéric Blanc : « Le confinement a boosté notre activité ». Bien sûr, les salles de cinémas ayant été « privées » de leurs visiteurs, les réactions des cinéphiles n’ont pas tardé à se faire sentir chez notre professionnel de la création sur-mesure pour particuliers. « Les gens ne sortaient plus, ne pouvaient plus voyager alors ils ont commencé à investir dans leur maison. Ils ont injecté l’argent prévu pour les voyages dans les travaux et l’amélioration du confort, chez soi », confirme Stéphane Lambert, le bras droit du gérant, chargé de la clientèle et de la communication, parmi ses nombreuses casquettes.

Les clients n’ont pas réellement perçu les problèmes découlant de cette crise sanitaire. Ils perdurent malgré tout et se répercutent aujourd’hui sur les prix pratiqués par l’entreprise. « En ce moment, on a pas mal de retard dans les commandes. On essaie de palier rapidement ce souci », note Stéphane Lambert.

Le professionnel développe. Quand, en temps normal, les devis se suivent sans se chevaucher, la crise a entraîné une multiplication des demandes. « En une semaine, au début de la crise, 4 clients me validaient leur devis. C’était compliqué pour les délais de fabrication, il a fallu réajuster. On ne pouvait pas passer de 6 semaines à 12 semaines. Il a fallu qu’on vienne travailler le week-end, pour satisfaire le client et ne pas accumuler de retard dans les commandes », se souvient Stéphane Lambert.

Une première information livrée aux clients et revendeurs

Dernièrement, la direction a communiqué une première information aux clients et revendeurs. L’objectif était d’expliquer la hausse des prix, pour certains produits. La difficulté à s’approvisionner en matière première est à l’origine de ce texte : « Pour maintenir notre démarche de vous informer en toute transparence, nous tenons à vous indiquer que les tarifs de nos fauteuils ainsi que ceux de certains articles vont subir une hausse allant de 15 à 25 % à partir du 15 juillet 2021 ».

En résumé, deux raisons amènent les professionnels à se remettre en question. Les coûts des matières premières (acier, aluminium, bois…) ont flambé à cause de la crise sanitaire. Par ailleurs, l’amélioration des savoir-faire (fabrication toujours 100 % française, garanties sur les produits motorisés et sur-mesure, SAV…) est aussi à prendre en compte pour expliquer cette décision.

Des délais rallongés de quelques semaines

« Nous sommes contraints, en conservant toujours des marges raisonnables, de répercuter cette hausse sur nos fauteuils et sur certains articles », indique Stéphane Lambert. Même si l’équipe a réussi à palier les retards de commandes, elle a parfois du rallonger les délais. Par souci de transparence, la direction a choisi d’indiquer que les commandes seraient honorées dès 7/8 semaines, contre 4/5 habituellement. Ceci, bien sûr, à compter d’un premier versement de 50 % de la somme totale. Malgré les contraintes, l’objectif est toujours d’éviter les retours de clients insatisfaits.

Initialement, la direction avait établi les marges et les tarifs pour le particulier. « Au bout de six mois, les revendeurs et les intégrateurs (le client fait appel à l’intégrateur pour aménager sa salle de cinéma clés en mains N.D.L.R.) nous ont contactés. On n’avait pas prévu de travailler avec des professionnels. On a choisi de faire des marges de maximum 25 % pour les professionnels », explique Stéphane Lambert.

Aujourd’hui, la clientèle est à l’équilibre : « On a 50 % de pros et 50 % de particuliers, actuellement. Notre activité, elle, a évolué d’environ 35 à 40 % ».

Un show-room fermé au public, des containers de marchandises hors de prix

Durant le confinement, les visiteurs n’ont pas pu visiter le show-room et les ateliers de fabrication. Pour maintenir la confiance de la clientèle, il a fallu accentuer la communication et l’échange d’images.

« Pour le client qui ne peut pas essayer le fauteuil, on veut vraiment qu’il se sente en sécurité. S’il m’appelle, je peux envoyer des photos des fauteuils sous tous les angles, qu’il puisse se faire une idée et se rassurer. Pour le devis, j’envoie toutes les informations avec transparence. Je fais pour le client ce que j’apprécie recevoir quand je fais un achat », résume Stéphane Lambert. Donnant-donnant. Autre détail qui a son importance, le besoin de s’approvisionner et les moyens mis en œuvre pour cela. Certains composants, comme la mousse haute-résilience, proviennent de Chine. « On arrive en rupture », relève-t-il à propos de cette matière première. Côté containers, les professionnels ont subi une hausse de prix de 400 %.

Déconfinement et la réouverture des cinémas, le bout du tunnel

Avec le déconfinement et la réouverture des cinémas, de nouveaux projets se profilent. Deux nouvelles personnes ont pu intégrer l’équipe, renforçant ainsi les effectifs et savoir-faire. Au sujet des matières premières, l’équipe s’approvisionne de façon plus importante. Elle anticipe une potentielle reprise de pandémie.

« On va faire en sorte de faire partir des containers pour avoir la matière première pour l’équivalent d’un an et demi. Il ne faut pas léser le client et qu’il voit les problèmes que l’on rencontre en coulisses », justifie Stéphane Lambert.

Show-room à agrandir, site Internet en cours de refonte, mise en ligne d’un module de création personnalisé, amélioration de certains produits et objectif du « tout fait maison » et tu tout « sur-mesure », les idées s’accumulent.  « On est en train de commander des machines qui découpent et gravent sur l’acrylique pour que le client, s’il le souhaite, puisse réaliser des panneaux avec des dessins spécifiques », précise le commercial.

On l’aura compris, chez CcomOciné, le client reste la priorité. Il serait même le roi. De là à se faire appeler Arthur…